lundi 8 octobre 2012

Je suis, donc je suis

    





Cheminant sur un sentier,
Le soleil dans le dos,
Je suis avec un ami,
Que je suis.


L'ombre de cet ami le précède.
Lui, précède mon ombre
Qui me précède aussi,
Et moi je suis.


Je le suis comme son ombre, l'ami,
Et je suis aussi son ombre,
Mais je ne suis pas son ombre:
Moi, je suis.


Mon ombre aussi, je la suis,
Puisqu'elle me précède,
Mais je ne suis pas mon ombre,
Moi, je suis.


Et vous, vous suivez?...
Si vous suivez, 
Cela fait beaucoup d'ombres qui me suivent,
Puisqu'elles vous précèdent.


Nous marchons tous en ombres
Et en si grand nombre
Que je ne n'arrive plus à suivre,
Et me retrouve seul.






A présent, me voilà seul,
Seul avec mon ombre
Qui toujours me précède
Et que je suis.


Mais je ne suis pas mon ombre!
Je comprends qu'un demi-tour suffit
Pour faire face à la lumière
Et pour que tout s'éclaire.


C'est bizarre, il faut de la lumière
Pour distinguer les ombres!
Sinon, tout est obscurité
Et le monde indifférencié.


Mais le soleil aveugle.
Il me fait voir tout sombre;
Mes yeux doivent se fermer
Et me revoilà dans l'ombre.







Par chance, c'est quand les yeux sont clos
Qu'une autre lumière éclôt.
C'est une brillance, une sorte de guidance
Sur le chemin de la vie.


Il me faut la suivre
Comme les peintres ont suivi
Les toiles du Berger:
Il n'y a plus d'ombres aux tableaux.


Là, mon ombre a disparu
Car mon nombre est le UN.
C'est le nombre premier
Par lequel tout a commencé.


C'est comme une renaissance,
Un plongeon dans l'innocence.
Alors quelle reconnaissance
Pour une telle connaissance!