mercredi 5 mars 2014

Transe lucide


Une lumière brille à l’intérieur et chacun projette sa propre couleur sur le monde extérieur.

Nous avons appris à distinguer les couleurs et montrer du doigt les différences. Mais c’est à travers notre propre couleur que nous jugeons les autres.


Apprendrons-nous un jour à voir au-delà des couleurs, au-delà de l’apparence des personnalités, des idées et des activités, la lumière de la Vie elle-même, une et infinie ?







On pourrait penser que la transparence n’est que faiblesse ou manque de personnalité, de présence, d’affirmation.

Mais il est une transparence qui révèle la véritable Force, celle qui vient de l’intérieur. 
Elle est l’effacement de soi devant La Présence qui nous habite et se déploie en tant que notre existence.







La transparence laisse apparaître la beauté de l’être, non altérée par les conditionnements extérieurs ; pas la beauté que l’on explique ou manipule, pas celle que l’on créé, mais la beauté ineffable et non créée que l’on peut ressentir, tout simplement.






C’est dans cette transparence, dans ce lâcher prise, que la lumière du dedans nous emplit de clarté, illumine notre chemin et pourvoit à notre quotidien.




Le chemin de l’opacité vers la transparence passe par la transe-lucidité. Se laisser peu à peu traverser par l'éclairage intérieur, c'est devenir lucide  sur notre propre raison d’être et ce que nous avons à accomplir.





lundi 6 janvier 2014

2014




Sur les rivages de la nouvelle année
Se dessinent les mirages d’une vie rêvée,
Sirènes attirantes nous invitant ailleurs.

Mais si nous rêvons d’espace, de liberté,
De joie et de sérénité,
Il va falloir se réveiller.

Une succession sans interruption
De bien nombreuses respirations,
C’est ce qui fait toute une année.

Alors, laisser le souffle gonfler nos voiles
Et nous pousser sous les étoiles
Sur notre océan intérieur.

Le laisser dissiper le voile,
Fendre le vague et les eaux troubles, 
Pour nous guider dans la clarté.

Sentir sa brise nous caresser,
Ne plus se limiter et prendre le large
Vers ce royaume nommé le coeur

Heureuse année à tous!


Voûtes





Une voûte, c’est leste ; 
ses courbes se projettent dans les airs, 
ses arcs lancent les flèches vers le ciel
sans se questionner,
en nettes voussures.

Son côté concave, placé haut,
est concave à divin ; 
on y crèche les rois mages,
il protège les retables.


Placé bas, il est concave à vins,
entrepôt pour des fromages,
ou fait fonction d'étable.





Placé haut, il invite à s'élever,
placé bas, il force à se voûter.
Mais placé haut ou placé bas,
il est toujours placé beau,
et il envoûte.

Son côté convexe est plus complexe. 
Caché, il renferme la clé.

Si la clé tombe, la voûte s’effondre. 
A terre, la clé de Sol ne retient que les chants
dont la voûte renvoie le son. 

La voûte courbe le Do de manière échocentrique; 
elle le renvoie sur le Sol, 
là où la foule est portée
et maintenue en liesse.


Et c’est sur ces airs que s’appuie la voûte 
pour devenir céleste.



Cathédrale Ste Eulalie- Barcelone

La cathédrale du coeur




Je me suis délecté d’une délicieuse poésie distillée, 
non par des anges imaginaires descendant des voûtes élancées d’une cathédrale spectaculaire, 
ni par des stands bariolés d’un marché de Noël raccolant le chaland, 
encore moins par le balai incessant des caddies vomissant leurs denrées aux caisses d’un hypermarché, 
mais par la bouche d’un maître-magicien qui a reçu le don de révéler la quintessence endormie dans les cœurs. 

Instant de gratitude, de simplicité, de chaleur ; 
instant-présent, instant-cadeau, instant-bonheur.